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Désormais, Maximo prend son temps

Maximo était un des meilleurs. Un champion dévoreur d’espace et de 100 mètres. Explosif, réactif, aérien, il collectionnait les médailles mais c’est avec ses pièces de monnaie  qu’il s’en va, aujourd’hui faire ses courses. 
A Rome, il lui faut traverser le stade de ses exploits. Couloir de marche où les secondes se sont transformées en heure. Chaque fois, Maximo doit longer les statues des athlètes qui dominent les gradins et la piste d’athlétisme. 
Chaque fois, ses souvenirs remontent au sprint : « J’ai failli me prendre pour eux. Penser que j’étais éternel et indestructible. Dieux du stade et invincibles gladiateurs de la vie. Et voilà que je tourne le dos à ma jeunesse. Recordman de vitesse, tout le temps que j’ai voulu gagner, on dirait que je suis en train de le perdre en même temps que mes illusions. »
Adieu gloire, triomphe et conquête. Moteur de toutes les jeunes ambitions, son insouciance s’est usée, essoufflée. Elle n’a pas tenu la distance.
« Je marche et d’autres courent à ma place. Il en sera toujours ainsi puisque la course ne s’arrête jamais et qu’elle dévore un à un même les meilleurs, même les plus forts », relativise Maximo. Je marche sur trois pieds. A deux jambes et une canne. C’est ma dernière ligne droite.  Je ne suis pas pressé, pas pressé… Désormais, je veux prendre mon temps.» 

Texte et photo: Philippe Péron.

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