Episode 3

Retour aux sources du passé

Le temps presse. L’urgence environnementale est là… La mission débute.

Réveillés, les Visiteurs ont quitté leur maison abandonnée. Pour accélérer la prise de conscience des êtres humains, il leur faut les comprendre puis les rencontrer. L’aventure doit aller crescendo…

Avant d’approcher les Hommes, les monuments du patrimoine et les vieilles pierres ont des milliers d’histoires à raconter comme ce manoir à l’abandon.

Au manoir abandonné

Les humains se plaignent de manquer de logements. Que s’est-il passé pour que ce manoir de la fin du XIXe siècle tombe si vite en désuétude ?

Barricadée, volets fermés, la demeure désertée raisonne pourtant de toutes ses vies antérieures. Les Visiteurs ont le pouvoir de capter ce brouhaha du passé et l’histoire d’un lieu qui abritait une auberge de jeunesse. Les êtres humains tournent-ils trop vite les pages sans tirer le plein potentiel de certains lieux ? Possible.

Un temple et des templiers

Pour plonger profondément dans la mémoire des Hommes, les Visiteurs devaient découvrir des monuments d’un autre âge: s’en imprégner. Leur quête les a conduit dans un temple insolite dont l’origine remontait au XIe siècle, l’époque des templiers et des hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Etait-ce une manière de leur rappeler qu’ils étaient eux aussi en croisade ? Une croisade pour convaincre l’être humain de sauver la planète terre et son environnement.

Lyla et Anna se rendirent invisibles à un promeneur et à son chien. Avec son cercle et son sanctuaire rond, le temple portait la signature de l’âme celtique. L’enseignement principal de la visite tenait toutefois dans la légende du lieu. Il se disait qu’une sorcière y avait vendu son enfant au diable, pour douze pièces d’or… Et que l’or du diable avait porté malheur. L’histoire avait dû faire comprendre aux êtres humains que l’appât du gain peut avoir de lourdes conséquences. Leçon qui vaut pour les enjeux environnementaux.

Dans un lieu de légende.

L’abbaye aux deux visages

Face à la mer, dans une abbaye construite au début du XIIIe siècle, les Visiteurs savaient qu’ils découvriraient d’autres aspects de la vie des Hommes. Durant plusieurs siècles, les moines avaient fait prospérer le site en lui donnant un rayonnement religieux, social et culturel. La seigneurie avait construit digues, talus, ouvrages hydrauliques pour collecter le sel… Avant que ce profit n’entraîne la décadence du monastère. Autre leçon à méditer.

Des pèlerins qui cherchent le sens des choses

Grâce à leur pouvoir d’apprendre des pierres et des monuments, les Visiteurs ont découvert l’exceptionnelle histoire de l’abbaye. Aujourd’hui, comme s’ils s’en voulaient de s’être égarés à un moment, les Hommes consacrent beaucoup d’énergie pour sauvegarder l’édifice. Ils sont donc capables du pire mais aussi du meilleur. Autre indice: c’est du kilomètre zéro, près de l’abbaye que certains d’entre-eux partent, à pied, en pèlerinage vers l’Espagne. Dans leur monde turbulent, ils sont en recherche de sens. La protection de l’environnement en est un…

La vallée des statues géantes

Les pierres n’expriment pas toujours les mêmes vérités. Il leur arrive d’être trompeuses comme les apparences. Dans la vallée aux cent statues, les Visiteurs croyaient faire un autre bond à travers les âges comme s’ils s’étaient rendu sur sur l’île de Pâques. Erreur. Les géants de pierre ne sont dressées là que depuis quelques années seulement. Ils n’ont pas traversé les âges mais en s’installant sur leur colline « pour l’éternité », ne sont-ils pas promesses d’avenir, de sagesse et d’humilité ?

Dans le temps et dans l’espace.

Dans cet univers improbable, créé par les humains, il fallait retenir ces motifs d’espoir et d’optimisme. On reconnaissait là l’esprit des bâtisseurs de cathédrales d’autrefois. Cette signature des hommes portaient en elle une philosophie plus puissante, plus spirituelle, plus intemporelle. La vallée aux cent statues indiquait que certains d’entre-eux s’approchaient de ce sens et de cette sagesse, indispensables pour relever le défi environnemental. Fallait-il aller vers ces hommes là, déjà convaincus où vers ceux qui n’avaient pas encore mesuré l’urgence d’agir ?

Vallée des saints et visiteurs
Le vent soufflait au milieu des cent statues.

A l’avenir, il faudra être plus nombreux pour aller à la rencontre des gens de bonne volonté. Après ce retour aux sources du passé et ces premières incursions dans la mémoire des pierres, les Visiteurs étaient convaincus que les êtres humains pouvaient être aussi généreux et bienveillants qu’eux. Pour continuer à apprendre leur fonctionnement et approcher un premier humain, il faudrait bien choisir…

Texte et photos Philippe Péron.